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... quel essence! Je voulais m'entretenir, et bien cela est fait. Comme une sorte de dadaïsme, une singulière.
Alors, j'ai discuté; je me suis endormis.

Oblomov, c'est l'histoire d'un homme, d'une vielle famille noble, ruiné, mais toujours riche.
C'est l'histoire d'Oblomov qui cherche le bonheur dans le repos de l'âme, dans le calme, dans la sérénité. Jusqu'alors, il n'y a rien de mal, il n'y fait état que d'un épicurisme ou d'une application de Seneque. Une application à la sauce Oblomov.
Le moindre soucis lui fait peur. Alors il les fuit, sans relâche, sans autres peurs que celle d'être rattrapé et de devoir les affronter. C'est bien lorsque l'on voit sur son visage se dessiner une ombre, même une simple étincelle d'ombre, que l'on doit vite s'en aller pour se querir de ses foudres, qui ne durent jamais longtemps et qui sont toujours à son image.  Telles sont ses foudre douces. 
Il fuit, et pourtant tout l'appelle à faire face: un déménagement, un propriété en ruine, un intendant voleur. Son fidèle serviteur est l'incarnation de la loyauté "servile": il crache, il vole; mais que l'on touche à la sacralisé de son maître, et sa fureur n'aura plus d'égale.
Un des grands enseignement est qu'il sommeil (!) en chacun de nous un Oblomov.
Ecrit comme une pièce de théâtre, fournit de mille rebondissement, manoeuvré dans un style proprement délicieux, Oblomov est un véritable plaisir de lecture.



Oblomov
 ; de Gontcharov, ed. L'Age d'homme.

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Le Fantôme de l’Opéra.
 
 
Pourquoi est-ce que je n’avais jamais lu Le Fantôme de l’Opéra, alors qu’il était à porté de main pendant des années, reportant chaque jour un peu plus le moment où j’allais ouvrir le livre ? Peut être que je ne trouvais pas l’intérêt de donner du temps à quelque chose que je ne concevait pas comme important, mais bien futile.
Je n’ai pas un gout prononcé pour les policiers, parce que je n’arrive pas toujours à suivre l’enquête, parce que je suis mal les pas de Sherlock. Certainement parce que je m’ennuie et que je suis parfois dépassé.
Or je pensais ce Fantôme policier dans l’âme.
Donc… Mais je me suis trompé. C’est un magnifique ouvrage, vrai, vécu ?
 
L’histoire est passablement simple. … … Elle commence ainsi :
           
« Le fantôme de l'Opéra a existé. J'avais été frappé dès l'abord que je commençai à compulser les archives de l'Académie nationale de musique par la coïncidence surprenante des phénomènes attribués au fantôme et du plus mystérieux, du plus fantastique des drames, et je devais bientôt être conduit à cette idée que l'on pourrait peut-être rationnellement expliquer celui-ci par celui-là. »
 
Un immense jeu de corps qui s’entremêlent. Où le Fantôme est tour à tour cet Ange et cet homme que personne ne comprend, pas même celle qui le côtoie le plus. Où l’on pense saisir la vérité, mais à mesure qu’on approche, on lit une Pravda; vérité qui s'approche et se dérobe. Une myriade d’illusions qui s’amusent à tourmenter.
C’est un jeu dangereux, cruel, qui peut tuer. C’est un jeu fascinant car il donne ce tournis propre au spectacle. C’est un jeu qui rend fou.

Le Lecteur peut imaginer les yeux de Christine, remplit d’un effroi, rendu encore plus intense par le contraste avec son état lorsqu’elle est apaisée.
Et ses amoureux, tous les deux aussi grands l'un que l'autre, qui la cherchent. L'un est pale, l'autre est vivant. Cette dichotomie se ressent dans l'affrontement qui les oppose, un coeur.
Est-ce parce qu'il est le Fantôme qu'il prend cet amour comme il vient? C'est à dire musical, tourmenté et valsé. L'autre, l'homme, le vrai, prend cet amour pour ce qu'il pense être. Il le prend, en homme.
Alors, ce Fantome, s'il est homme, est un ange. Le Lecteur le découvrira par lui même.

Livre à lire, même s'il est quelque peu policier.

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Je suis en train d’apprendre Camus.
Pour ce faire, j’ai lu L’Etranger.
Et j’ai peur. Les premières lignes sont immensément froides. Comment peut on être aussi détaché du monde, au point d’être insensible à la mort de sa mère ? voilà, c’est fait ; elle est morte. Que nous sommes loin de Cohen ! Elle est morte hier, nous dit l’homme, dans son « asile » (dixit). Elle avait une soixantaine d’années, on ne sait plus trop. Il ne s’en souvient plus trop.
Et le jour d’après ? Il va s’aérer à la passe du port, où il rencontre une jeune femme qu’il avait connu autrefois. Alors, bien sûr, il est obligé à des relations intimes.
 
Cet étranger du monde, au monde, semblera pourtant s’humaniser, un dimanche. On ne travaillait pas à l’époque. Il va à la plage, entre amis. Il éprouve une réelle affection pour son amie, pour la première fois en la regardant rire. Le rire rend libre, et libère tout son être à la face de notre sans-papier. Nous en avions peur. En a t-il peur ?
Il semble réellement heureux.
Il aide celui qui qu’il considère son ami (copain, pote ?) dans une situation des plus tendre.
 
Mais c’est le même jour où il reçoit le coup de semonce. Il tue ; de sang froid (quoique bouillant). Pourquoi ? Avait t-il peur de cette once de bonheur ? Comme si, d’un coup, tout lui tombait sur ses pauvres épaules d’argile.
Par le haut, le soleil le frappe de mille et mille coups ardant qui le piquent comme des dards empoisonnés. Pis encore, le bas aussi est attaqué par ce traitre sable qui le brule, l’attrape et le traine en son sein.
Par le Bas, par le Haut, il est agressé par le monde qui l’environne. C’est la mer qui le frappe de ses lames. C’est peut être le regard, le corps fait face à lui, de cette Arabe qui ne lui à jamais adressé la parole.
C’est toute sa personne qui est vaincu lorsqu’il tire. Il a peur. Il appuie encore, encore et encore. Comme pour s’assurer de son geste. Comme si, en tuant l’Arabe, il devenait le vainqueur d’une bataille perdue. Que dis-je la bataille ? C’est bien la guerre qui est perdue.
 
Il l’a perdu d’avance lorsqu’il est venu à la plage, ce dimanche. Le dies dominicus est devenu le dies irae.
Il l’avait déjà perdu lorsque, dans son esprit, le monde n’était devenue qu’une farce et que lui seul était bien vivant, comme les autres. Triste jour. Pourquoi la jouer ? Il n’en sait rien, alors il démissionne et devient spectateur. Il préfère rire des autre. En ris t’il ? Pas vraiment. Le spleen s’installe et, au plus profond de lui même, ne compatit pas dans les malheurs des autres lorsqu’il y en a.
Il devient Etranger au spectacle en dévorant passif. Il devient le vulgus du passant ; en deçà du badaud qui peut encore lever le nez. Lui, il le garde droit, parallèle au monde, en soi ; son monde, en somme.

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Le Figaro, 
Mohammed Aïssaoui,
06/12/2007.



Il a rencontré un succès phénoménal en Italie : 800 000 exemplaires vendus. On peut le comprendre, puisque Gomorra, dans l’empire de la Camorra (Gallimard) est un livre sur la Mafia. Mais cet ouvrage est aussi un événement en Allemagne (100 000 exemplaires), et des dizaines de pays ont acquis les droits de traduction. En France, il occupe déjà la liste des meilleures ventes.

Le livre. C’est une plongée saisissante au sein même de la Camorra, l’organisation criminelle napo­litaine. «Il faut lire Gomorra pour saisir la guerre invisible qui s’y livre tous les jours, une Colombie en plein cœur de l’Europe, avec des centaines de morts par an». Tout le quotidien – les petites affaires, les trafics, le système de survie, l’organisation entrepreneuriale – est raconté dans les moindres détails. L’auteur, qui n’hésite pas à se mettre en scène et à donner les vrais noms des personnes rencontrées, use du «je» pour narrer son histoire, ce qui donne plus de force au témoignage. Le livre, sorte de « roman enquête », vaut aussi par sa dimension littéraire, ce qui est rare pour ce genre de document.

L’auteur. On imaginait un vieux briscard, or Roberto Saviano n’a que vingt-huit ans. Il a étudié la philosophie, et il est journaliste. Il est originaire des environs de Naples. C’est Vincent Raynaud, traducteur de l’ouvrage et conseiller éditorial du domaine italien, qui a déniché cette perle pour Gallimard.

Le succès. On a vu les chiffres. En France, il en est déjà à près de 36 000 exemplaires. « C’est un livre qui se vend très bien chez nous, affirme Nathalie Deleval, libraire au Furet du Nord au rayon Actualités, Documents. Je crois que c’est lié à une certaine fascination pour la Mafia, c’est intrigant, même pour nous, en France. Il existe une sorte d’attirance-répulsion pour ce sujet et les lecteurs ont envie de comprendre ce système. » Mais pourquoi le succès de Gomorra, et pas celui d’un autre ouvrage sur le même thème ? « Il a aussi bénéficié d’une histoire extraordinaire avec ce « contrat » sur la tête de l’auteur et la polémique qui s’en est suivie, cela n’a fait qu’attiser la curio­sité », explique la libraire. Et d’ajouter : «Je pense que la “caution” Gallimard a joué : on sait qu’avec cet éditeur on trouvera une enquête fouillée et sérieuse.»

Alors, lisez ce livre, tout au moins, achetez-le, pour soutenir l'auteur, qui a été condamné à mort par la Camorra.

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