le Figaro 24/12/2008 

Ce texte nous invite à repenser le sens que nous donnons à l'économie, en ce jour de fête chrétienne. Il a déjà été signé par une vingtaine de personnalités (1).


Au moment où le monde entier se trouve engagé dans une crise économique qui frappera en priorité les plus démunis et dont personne ne peut mesurer la durée et la gravité, Noël demeure une espérance.

La  naissance du Christ parmi les plus pauvres, autant dire presque dans la rue, mais aussi de nombreux textes bibliques et écrits sociaux des Églises chrétiennes, nous renvoient à des références éthiques essentielles pour affroner la crise.

La pensée sociale chrétienne qui s'appuie sur ces références n'est pas une alternative à un quelconque système économique mais un socle de réflexion qui a vocation à inspirer tout mode d'organisation durable de la société. Ce socle repose sur deux priorités : celle de l'homme sur l'économie - l'économie est au service de l'homme et non l'inverse - et celle des pauvres sur les privilégiés - l'équité condamne une trop grande inégalité entre les revenus.

Ces deux priorités définissent les six piliers fondateurs de la pensée sociale chrétienne : la destination universelle des biens (la propriété privée est légitime si son détenteur en communique aussi les bienfaits à ceux qui en ont besoin), l'option préférentielle pour les pauvres, le combat pour la justice et la dignité, le devoir de solidarité, le bien commun et le principe de subsidiarité (le fait de faire confiance à ceux qui se trouvent au plus près du terrain pour résoudre ensemble leurs difficultés).

Et, en leur temps, les pères de l'Église n'y allaient pas par quatre chemins. Avec saint Ambroise, par exemple, qui affirmait : «Quand tu fais l'aumône à un pauvre, tu ne fais que lui rendre ce à quoi il a droit, car voici que ce qui était destinéà l'usage de tous, tu te l'es arrogé pour toi tout seul.»


Aussi surprenant que cela puisse paraître, Jaurès, ou Gorbatchev plus près de nous, prétendaient trouver, le premier dans les textes du pape Léon XIII sur la question ouvrière, le second dans ceux de Jean-Paul II, des références qui pouvaient fonder une société plus juste. Dans leur session consacrée à l'argent, en 2003, les Semaines sociales de France, lieu de réflexion des chrétiens sur les problèmes de société depuis plus d'un siècle, critiquaient certains aspects des rémunérations des dirigeants, dont, en particulier, les stock-options, en ce qu'ils risquent de négliger la vision à long terme de l'économie.

Ce faisant, les chrétiens ne condamnent pas l'économie de marché sous toutes ses formes. Ils rappellent - et sur ce point, ils sont d'accord avec l'économiste Adam Smith - que ce type d'économie ne peut fonctionner que dans des sociétés basées sur les valeurs morales que sont le respect des autres et une certaine sobriété dans l'usage des biens matériels. Il ne s'agit donc pas de récuser ni le profit ni les investisseurs qui prennent des risques dans l'entreprise, mais d'appeler à une indispensable régulation de leur fonctionnement par les autorités publiques et par l'action de corps intermédiaires tels que les organisations non gouvernementales et les syndicats, notamment.


Les chrétiens ont des valeurs à faire progresser avec d'autres qui ne partagent pas nécessairement leur foi. Et les plus privilégiés d'entre eux sont appelés à se comporter en citoyens vigilants par leurs choix politiques, à refuser «le toujours plus», à s'engager notamment au niveau local, à accepter un niveau d'impôts volontariste pour une solidarité active, à respecter un mode de consommation plus sobre et plus équitable. Dans leurs lieux de vie, ils auront toujours le souci d'y faire entendre la voix des plus exclus.

La célébration de Noël nous invite à réactualiser le sens que nous donnons à l'économie et à choisir la voie de la solidarité. Cela devient plus qu'urgent. Impératif.

(1) Parmi les premiers signataires : Guy Aurenche, Jean Boissonnat, Daniel casanova, Jacques Delors, Xavier Emmanuelli, Jean-Baptiste de Foucauld, Sylvie Germain, Jean-Claude Guillebaud, Jean-Pierre Hourdin, François-Régis Hutin, Alain Juppé, Patrick Peugeot, Michel Rocard, Robert Rochefort, Éric-Emmanuel Schmitt, François Soulage,René Valette, Jérôme Vignon et François Villeroy de Galhau
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Publié dans : Doctrine Sociale: l'Homme - Communauté : Cultures

Depuis que la révolution numérique a débuté, la volonté de la France de permettre à tous d’en bénéficier s’est affichée. L’une des mesures phares fut le lancement de la Télévision numérique terrestre, qui peut se targuer d’être reçu par la quasi totalité des Français. Souvenons nous de ses premiers pas : il y avait une ambition, il y avait de l’enthousiasme, il y avait enfin de la profonde détermination.



Aujourd’hui, plus problématique,  est l’avènement d’une radio numérique terrestre. Toujours le même objectif, celui de diffuser des émissions, nouvelles, à tous et surtout partout, dans la meilleure qualité possible.

 

Une réflexion sur la libération des ondes s’entame, logiquement, avec le démantèlement de l’ORTF, crée après la Seconde Guerre. Quelle place accorder à l’information « publique » ? Elle sera générale, aussi bien culturelle, économique, politique que géographique, canine, ou distractive. Comme avant, rien ne change quant à sphère. Cependant, si elle est générale, elle reste spécialisée. Il faut aussi réaliser que la radio a un caractère de service publique, tout au moins une importance autre que la seule auditive. En effet, la radio n’est pas moins qu’un média et peut, à l’instar de la presse écrite ou de la télévision, jouer un rôle de force politique. D’où alors l’intérêt de la protéger voire, au pire, de la contrôler.

Face à la démultiplication des sources émettrices, en majorité par les associations, nous ajouterons à la diffusion pour tous et partout, un « par tous ». La place de ce dernier est primordiale, puisqu’il est, et cela coule de source, à l’origine même de la réception par les auditeurs et par les postes.

 

Deux critiques viennent cependant tempérer la radio numérique, récemment émis par le président de Radio France, M. CLUZEL. La source de l’émission est elle même en pleine mutation. Plus rien n’empêche de composer son propre programme, que l’on gardera pour soi même, et pas pour les autres. Le podcast est une espèce du genre, ainsi que la playlist, les sites Internet : la radio à la demande. Internet peut jouer un rôle important quant à la mise à disposition de fichiers par les radios actuellement existantes. C’est notamment le cas avec Radio France qui utilisera cet outil comme une plate forme. Avec le développement d’une offre toujours plus importante, avec l’accélération d’une nomadisation numérique, chacun se faisant déjà sa radio, celle-ci pourra justement soutenir sa communauté. Il n’est pas anodin de souligner que la moitié des dossiers, au nombre de 358 aujourd’hui, remis au CSA proviennent d’associations. Cela signifie-t-il la perte de la pertinence des émissions ? C’est un risque pouvant être écarté simplement en y attachant peu d’importance.

 

M. CLUZEL propose  une nouvelle radio, prenant appui sur le numérique. Une qualité sonore, on l’aura compris, quasiment irréprochable et couvrant la totalité du territoire national et dépassant les frontières avec internet. Et surtout la rénovation profonde de l’émission jusqu'à sa valeur pour pallier à une baisse d’audience qui est apparus avec l’avènement, nous l’avons vu, d’autres sources, plus personnelles. La nature des nouvelles valeurs de la radio sont peu connues. Elle sera posée sur le cadre de l'interactivité plus que sur le seul sujet de l'émission. Quoiqu'il en soit, nous pouvons être certains que la nouvelle radio numérique est à la fois structurelle et substantielle. Une radio qui change au plus profond de ses habitudes c'est une révolution qui se prépare.

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Publié dans : Breve - Communauté : Cultures
 Voici longtemps que j'ai abandonné ce blog, peu porté par le temps.
 J'y reviens comme on retourne dans un pays que l'on a connu autrefois, avec le desir de retrouver ce que l'on y avait laissé. Je sens les mêmes aromes, les mêmes sons, les même couleurs; mais je crois que j'en rajoute.
  
  J'essayerai d'être un peu plus fidele et docile, malgré l'absence de lien contractuel.
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Publié dans : Breve - Communauté : Cultures
Savoir et Pouvoir.

Est-ce à partir de cet agencement, cette dynamique que l'on peut peut résumer la prise de décision et de son application? N'est-ce toutefois pas qu'une synthèse plus ou moins imparfaite d'une réalité autrement plus complexe, plus relative? Enfin, l'absolu de la décision ne se traduit-il que par un absolutisme de sa mise en pratique sur la masse?




Le Savoir à quelque chose de réjouissant. Il a de son coté l'Esprit de la conscience. Il n'y est pas forcément raisonné. Il peut y être au contraire une mystification particulière de la société dans lequel il s'agite. Il se veut libre, il veut acquérir son indépendance, tout au moins une certaine autonomie vis à vis de ceux qui l'entourent. Il veut au moins se régir lui même, créer ses propres normes, sa propre loi. Toutefois, il restera affilié à sa communauté. Si l'Homme est un animal politique, il doit  vivre en société, et non en bestialité. Il aide, par la force qui en lui, un ensemble qui lui échappe de moins en moins. Est-il alors devenu l'esclave de sa propre condition? Son esprit n'est pas moins libre que lorsqu'il était bête? Il a reçu la grâce de ne plus être sous le coup de lois qu'il ne comprenait pas ou dont il ne pouvait y réchapper. Dorénavant, il produit sa propre loi. Il la marque de son sceau. Il s'est libéré de la loi de la nature. Mais la nature n'est jamais bien loin. L a jungle est tapie au coeur de la ville. La démesure passionnée sera toujours présente, l'hubris haït par Platon est au coeur du citoyen. Il ne peut que tenter de le soumettre à son intelligence. Des outils le permet.

La morale, quel qu'elle soit, est présente dans la conscience collective. Elle se crée un ensemble de mythes, que l'ensemble accepte, de manière plus ou moins embrassée, acceptée. Cette morale, cette éthique, se crée pour l'individu dans la société. Il ne s'agit pas d'un carcan, mais d'une normativité (pardonnez ce néologisme!) dans laquelle s'insère non l'individu, mais l'homme fait citoyen dans la communauté, un ensemble créé par la communauté elle-même.

L'intelligence se nourrit du savoir. Il est son unique gourmandise. L'esprit de construit: la lecture la seme de ses connaissances, et la discussion la polit.  Il nous appartient alors de la faire briller, pour une oeuvre particulière, ou bien plus générale. 
Il y a ceci d'ordinaire que le masque de l'hypocrite tombe. La confiture et la culture: la tartine tombe forcément du mauvais coté. Car elle se mesure facilement, sans trop se tromper, par celui qui en sait vraiment un peu plus. Or le jeu de l'hypocrite est de faire comme dans un monde dont il est l'étranger, avec dans sa besace un certain nombre d'objectifs plus ou moins de bonne facture.




Le Pouvoirse sert du Savoir. Ou plutôt l'homme qui sait a une plus ample aptitude à l'atteindre ou à l'utiliser que l'homme qui ne sait pas. Comment voulez vous que celui qui ne sait pas arriva au pouvoir, ou s'il y arrive l'exerça de la plus vertueuse et heureuse manière? Accepterions nous d'avoir à notre chef le pire des imbéciles? Un âne au pouvoir, les hommes seront mieux gardés. Le Borgne est roi au pays des Aveugles, car il voit. Il s'appuiera sur des données que ses sujets ne peuvent comprendre. Athéne se perd lorsqu'elle se cherche ses magistrats dans le tirage au sort. Est-ce un espoir placé dans les dieux? Qu'ils choisissent à sa place! Il y a heureusement quelques charges qui échappent au sort. 
Nous perdons nous lorsque nous choisissons, nous même, nos magistrats? Malgré l'usage qu'ils font de leurs savoirs?

Ce que nous pourrions appeler l'Instance, une personnification, une humanisation du savoir dans tout les jours, dans tout les espaces, dans tout les temps. Une moralisation du savoir. La légitimation de l'autorité de ceux qui possèdent un savoir. Est-ce à décrier? L'Homme n'est il pas cet animal qui fît de la politique; qui veux tendre vers un état de grâce? Alors, faut-il ne pas écouter nos pères et nos pairs qui en savent plus, et les dénigrer, les salir: leur demander de se taire? Et l'Histoire se repetera toujours, dans une marche qui, toujours, choit. Ou écoutons nous d'une oreille attentive, et absorbons nous leurs paroles? Cette parole que leurs expériences et leur intelligence a pû construire.
Il ne s'agira pas d'une parole qui détruit, c'est la même que celle de l'Antiquité. C'est une parole elle même dotée de son esprit, qui défait ce qui est faux, déblaye les erreurs, et retire les impuretés qui ne manquent pas.


Certains peuvent souffrir d'être commandés. S'estimant libres, ils ne veulent d'ordres ni d'un curé parce qu'il est débile et qu'il faut qu'il se mêle de ses affaires, ni d'un professeur parce qu'il ne cesse de martyriser les autres, et qu'il ne fait que ce que doit faire un brave fonctionnaire. Ils ne veulent d'ordres d'aucunes autorités, encore moins si elle procédait d'autre chose que de la démocratie.

Il a été dit que si la majorité n'avait pas toujours raison, l'opposant (est à entendre le gouvernant) avait tort s'il n'arrivait pas à imposer ses vues, et a les faire admettre. Montrer que la foule à tort, c'est bien une mission que le pire suicidaire, s'il en est, ne voudrait pas!
Pourtant, c'est bien à cette tache que s'astreignent les curés, les professeurs, les intelectuels (quoique), les "vieux". Tous ces vigies de l'homme sont postés au remparts de la cité, scrutant jours et nuits, l'oeil toujours aux aguets, jamais soufflants, a attendre une masse sombre qui irait se fondre sur ceux dont ils ont une charge. Ceux là sont dignes d'être écoutés, et non d'être déniés, c'est la sécurité et notre vie que nous jouons.

Savoir et Pouvoir ne sont pas contraires, mais la meilleurs organisation de vie est celle qui les allies.
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Publié dans : Breve - Communauté : Psycho / Psycha
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Publié dans : Photos - Communauté : La photo en Noir & Blanc

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